Pourquoi la France va chercher son diesel au Bahreïn et aux Émirats
Le gouvernement promet un recul des tarifs du gazole dès le 1er novembre grâce à ces nouveaux accords avec le Bahreïn et les Émirats arabes unis.
En bref
- 200 000 tonnes de diesel par mois supplémentaires sécurisées au Bahreïn et aux Émirats arabes unis.
- Ces volumes s’ajoutent à 95 000 tonnes déjà obtenues auprès de l’Arabie saoudite pour octobre et novembre.
- Au total, 295 000 tonnes représentent plus de 10 % de la consommation française de diesel.
- L’acheminement sera assuré par TotalEnergies.
Lors d’un point presse tenu mardi 20 octobre, le palais présidentiel a fait savoir qu’un approvisionnement additionnel de 200 000 tonnes de gazole chaque mois venait d’être garanti, en provenance du Bahreïn et des Émirats arabes unis. C’est TotalEnergies qui se chargera du transport de ces cargaisons, précise franceinfo.
Ce déplacement dans le Golfe, effectué par Emmanuel Macron, visait selon l’Élysée à « sécuriser les approvisionnements » de carburant pour la France. Le palais présidentiel qualifie ces nouveaux volumes de « quantité significative » et précise qu’ils complètent un premier accord déjà conclu avec l’Arabie saoudite, portant sur 95 000 tonnes mensuelles pour octobre et novembre.
Des volumes qui pèsent sur la consommation nationale
En additionnant les deux sources, le total atteint 295 000 tonnes de diesel par mois, soit plus de 10 % de la consommation française selon l’Élysée. Le tableau ci-dessous situe la part de chaque accord dans cet ensemble.
| Origine | Volume mensuel | Période |
|---|---|---|
| Bahreïn et Émirats arabes unis | 200 000 tonnes | annoncé le 20 octobre |
| Arabie saoudite | 95 000 tonnes | octobre et novembre |
Pourquoi l’approvisionnement est devenu critique
La quête de nouveaux volumes trouve son origine dans le blocage du détroit d’Ormuz, voie maritime qui laissait passer un cinquième de la production pétrolière mondiale avant que n’éclate le conflit opposant Washington à Téhéran. Cette fermeture a fait grimper les coûts énergétiques, selon BFM Business. Afin d’alléger cette tension, les membres du G7, groupe actuellement présidé par la France, se sont entendus début octobre pour puiser dans leurs réserves stratégiques jusqu’à 100 millions de barils combinant gazole et brut, répartis sur les quatre mois suivants.

Cette situation illustre la dépendance persistante de l’économie française aux routes d’approvisionnement du Golfe, un axe stratégique que les tensions régionales rendent plus vulnérable. Pour les dirigeants d’entreprises dont l’activité repose sur le transport routier, la logistique ou la distribution, ces annonces successives rappellent que le coût du carburant reste une variable exposée aux équilibres géopolitiques internationaux, même lorsque des mesures correctrices sont mises en place rapidement par les pouvoirs publics. La diversification des sources d’approvisionnement, illustrée ici par le recours simultané à l’Arabie saoudite, au Bahreïn et aux Émirats arabes unis, traduit une volonté de limiter l’exposition à un seul point de fragilité dans la chaîne logistique énergétique.
« Nous sécurisons les quantités avec un objectif : que les Français ne manquent de rien et qu’on fasse baisser les prix. »
L’Élysée
Selon le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, ce déstockage massif permettra une diminution des tarifs du gazole pour les ménages dès le début du mois de novembre. Plusieurs effets concrets sont attendus selon le gouvernement :
- Une baisse du prix à la pompe estimée entre 12 et 18 centimes par litre.
- Une économie d’environ dix euros par plein en moyenne.
- Un effet jugé réel par l’Élysée sur les prix, mais non chiffrable à ce stade : « Quand on apporte plus de volumes ça aura un effet sur le prix mais on ne sait pas le quantifier. »
Pour les entreprises dont l’activité dépend du transport routier, cette annonce s’ajoute à la grève menée début octobre par la CGT chez TotalEnergies, qui avait bloqué trois sites de production pour des revendications salariales. Ces deux épisodes, bien que distincts dans leurs causes, soulignent la sensibilité du secteur énergétique français aux décisions prises tant à l’échelle internationale que sur le terrain social, un facteur que les directions financières et logistiques des entreprises consommatrices de carburant doivent intégrer dans leurs prévisions budgétaires pour les prochains mois.
Photo : Vadym Alyekseyenko / Pexels