Création & Reprise d'entreprise

Duralex : le tribunal d’Orléans examine trois offres de reprise

Lundi 12 octobre, les juges doivent aussi acter la fin de la coopérative. Deux projets industriels visent à garder 125 ou 155 postes, un troisième ne vise que la marque.

Sandrine Fleury Par Sandrine Fleury
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Duralex : le tribunal d’Orléans examine trois offres de reprise
Le verre Picardie, modèle emblématique de Duralex, familier des cantines scolaires : la verrerie connaît lundi l’issue d’une ultime audience à Orléans.

Le tribunal de commerce d’Orléans tient lundi 12 octobre une dernière audience pour décider de l’avenir de Duralex et, peut-être, désigner son repreneur.

En bref

  • Les juges doivent acter la fin de la coopérative qui porte aujourd’hui la verrerie, puis départager trois candidatures.
  • Pour la reprise, La République du Centre lui prête un budget d’environ 15 millions d’euros, dont un tiers apporté en capitaux propres.
  • À la mi-septembre, le représentant syndical CFDT Suliman El Moussaoui affirmait : « Une issue favorable pour Duralex était possible ».

Les juges doivent acter la fin de la coopérative qui porte aujourd’hui la verrerie, puis départager trois candidatures. Deux sont considérées comme crédibles. Aucune réponse n’est assurée dès lundi : le tribunal peut mettre sa décision en délibéré et la rendre plus tard.

Un cinquième redressement en une vingtaine d’années

Ce fabricant de verres, familier des cantines scolaires, a été placé en redressement judiciaire le 1er juin. Selon BFM Business, c’est la cinquième procédure de ce type en une vingtaine d’années, et l’avenir de l’entreprise est resté un temps incertain. Même si aucun repreneur n’était désigné lundi, François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, parle d’urgence.

« il y a une certaine forme d’urgence et je pense qu’on arrive vraiment près du dénouement »

François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire

Carlesimo et Cédric Meston, les deux projets industriels

Deux dossiers sont décrits comme bien avancés. Le premier vient du groupe stéphanois Carlesimo. Le second est porté par l’entrepreneur Cédric Meston, via sa holding Tomé, connue pour avoir cofondé la start-up HappyVore, spécialisée dans les substituts végétaux à la viande. Cédric Meston a aussi repris Tupperware France en 2025.

Auprès des administrateurs de Duralex, il a fait valoir le soutien du milliardaire Xavier Niel. Pour la reprise, La République du Centre lui prête un budget d’environ 15 millions d’euros, dont un tiers apporté en capitaux propres. À Bercy, on juge intéressantes ces deux propositions de nature industrielle.

Ce que chaque offre préserverait en emplois

243salariés chez Duralex en début d’année
155postes conservés dans le projet de Tomé
125postes conservés dans le projet de Carlesimo

Entre les deux candidats crédibles, l’écart atteint trente postes. Rapporté à l’effectif du début d’année, le projet de Tomé maintiendrait près de deux emplois sur trois, celui de Carlesimo un peu plus de la moitié.

Façade à colonnes du palais de justice d’Orléans, encadrée par deux lions de pierre
Le palais de justice d’Orléans. C’est dans cette ville que le tribunal de commerce examine lundi les offres de reprise de Duralex. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Croquant. Licence : CC BY-SA 3.0.

La troisième candidature, déposée par la société hongkongaise AA Investments, viserait uniquement la marque Duralex et ne garderait que trois salariés. Un observateur la qualifie d’anecdotique.

Ce que l’audience doit trancher

Les juges ont deux décisions à prendre. La première concerne la structure actuelle : la coopérative qui porte la verrerie doit disparaître. La seconde porte sur le choix du repreneur parmi les trois dossiers déposés.

Les deux offres industrielles se rejoignent sur un point : chacune garderait plus de 120 salariés sur les 243 recensés en début d’année, ce qui rejoint l’espoir, ravivé au fil des semaines, de sauver au moins la moitié des emplois. Celle d’AA Investments, elle, ne reprendrait que la marque et trois personnes. Si le tribunal met sa décision en délibéré, salariés et élus devront attendre une date ultérieure pour connaître l’avenir du site.

Une trésorerie remontée depuis le printemps

La direction a changé le 2 avril. Depuis, la directrice générale Peggy Sadier affirme que la trésorerie a été multipliée par huit, et en tire un enseignement : « Cela montre qu’il y a une voie pour Duralex ».

Au fil des semaines, l’espoir de sauver l’entreprise en conservant au moins la moitié des emplois s’est ravivé. À la mi-septembre, le représentant syndical CFDT Suliman El Moussaoui affirmait : « Une issue favorable pour Duralex était possible ».

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Denkhenk. Licence : CC BY-SA 3.0.