La CGT bloque trois sites TotalEnergies pour les salaires
Donges, Gonfreville l’Orcher et La Mède ont vu leurs expéditions bloquées le 8 octobre, mais la direction ne compte que 2 % de grévistes sur ses sites français.
Le jeudi 8 octobre, des salariés de TotalEnergies ont empêché les expéditions de carburants de quitter trois sites de production français, à l’appel de la CGT. Le syndicat avait lancé un mot d’ordre de grève de 24 heures portant sur l’emploi et les salaires, et visant à la fois les raffineries et les stations-service du groupe.
En bref
- La CGT a appelé à une grève de 24 heures dans les raffineries et stations-service de TotalEnergies.
- Le syndicat revendique 200 euros de plus par mois et un salaire de base plancher fixé à 1,2 Smic.
- La direction recense 23 stations touchées sur environ 3 300 dans son réseau français.
- La CFDT de TotalEnergies ne s’associe pas au mouvement et mise sur la négociation.
Une journée de blocage sur trois sites industriels
Les blocages ont concerné Donges, en Loire-Atlantique, Gonfreville l’Orcher, près du Havre en Seine-Maritime, et La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. Selon Franceinfo, le mouvement intervient alors que la guerre au Moyen-Orient se poursuit, un contexte qui pèse sur le commerce mondial du pétrole.
Le périmètre de l’appel dépassait l’outil de raffinage. Les 180 stations-service exploitées par Argedis, la filiale du groupe implantée surtout le long des autoroutes, figuraient parmi les points de vente susceptibles d’être bloqués, d’après La Dépêche.
La suite n’était pas arrêtée au soir du 8 octobre : les grévistes devaient tenir des assemblées générales le vendredi matin pour trancher sur la poursuite du mouvement.
Deux lectures opposées de la mobilisation
L’ampleur de la grève dépend largement de l’échelle retenue. La CGT raisonne site par site, là où le blocage a pris ; la direction ramène le décompte à l’ensemble de son appareil productif national.
| Point de vue | Périmètre observé | Message sur l’approvisionnement |
|---|---|---|
| CGT | Donges, Gonfreville l’Orcher et La Mède | Expéditions de carburants bloquées le 8 octobre |
| Direction de TotalEnergies | Ensemble des sites et du réseau en France | Livraisons des stations-service maintenues dans la soirée |
Pour un dirigeant qui suit ce type de conflit, l’écart illustre un réflexe classique : un taux local élevé peut suffire à gêner des flux logistiques, sans pour autant traduire une adhésion massive à l’échelle d’un groupe.
Ce que réclame le syndicat
Les revendications portées par la CGT mêlent rémunération et organisation du travail. Elles se résument en plusieurs points :
- une augmentation générale de 200 euros par mois ;
- un salaire de base minimum établi à 1,2 Smic ;
- l’embauche de l’ensemble des intérimaires et le pourvoi des postes vacants ;
- une revalorisation spécifique pour le personnel des stations-service, soumis selon le syndicat à une forte pression liée à l’afflux de clients venus profiter des tarifs plafonnés.
Sur le fond, la CGT décrit des effectifs tendus, avec des départs qui ne sont pas compensés et un usage jugé massif de l’intérim, des contrats courts et de la sous-traitance. Elle y voit un risque possible pour la sécurité des installations. Le coordinateur CGT de TotalEnergies, Eric Sellini, vise aussi le niveau des rémunérations :
« qui stagnent et sont rattrapés par le Smic dans les filières du groupe »
Eric Sellini, coordinateur CGT de TotalEnergies
Profits en hausse et calendrier de négociation
Le conflit s’inscrit dans une période financièrement favorable pour l’entreprise. TotalEnergies a dégagé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, soit environ 10 milliards d’euros, sur les six premiers mois de 2026, en progression de 73 % par rapport à la même période un an plus tôt.
Ce geste n’a pas suffi à faire lever le mot d’ordre, maintenu sur une partie des sites de production. Le front syndical n’est pas uni pour autant : la CFDT de TotalEnergies a choisi de ne pas appeler à la grève, préférant miser sur la négociation et le dialogue social pour obtenir un meilleur partage de la valeur.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Emin Alper. Licence Pexels.