Création & Reprise d'entreprise

Macron salue le goût du risque des entrepreneurs au BIG

Au rendez-vous BIG de Bpifrance, le président a défendu l’investissement et refusé le défaitisme, tout en admettant des faiblesses françaises.

Laurent Villard Par Laurent Villard
4 min de lecture
Macron salue le goût du risque des entrepreneurs au BIG
Photo d’illustration. Image en lien avec l’article Macron salue le goût du risque des entrepreneurs au BIG .

Le jeudi 8 octobre 2026, à Paris, Emmanuel Macron s’est adressé aux entrepreneurs réunis pour un rendez-vous de Bpifrance, Inno Génération, souvent abrégé en BIG. Les comptes rendus de BFM Business, du Figaro et de Maddyness convergent sur l’essentiel : le chef de l’État a loué chez les créateurs d’entreprise un « goût du risque et de l’avenir », et il a fait de l’investissement le fil rouge de son intervention.

En bref

  • Organisé par la banque publique d’investissement, BIG est décrit par les sources comme un rassemblement européen consacré aux entrepreneurs.
  • Il a donc invité l’assistance à ne pas céder au défaitisme.
  • Aucune annonce concrète de mesure n’apparaît dans les trois comptes rendus consultés : il s’agit d’un message politique et symbolique, formulé par un président en fin de mandat, et non d’un nouveau dispositif.

Un rendez-vous européen dédié aux entrepreneurs

Organisé par la banque publique d’investissement, BIG est décrit par les sources comme un rassemblement européen consacré aux entrepreneurs. Maddyness y voit le dernier passage d’Emmanuel Macron à cet événement avant son départ de l’Élysée, prévu en mai prochain. Devant une salle plutôt acquise, le ton du discours a été qualifié de très offensif par le Figaro comme par Maddyness.

Le président a d’abord joué sur les mots. Selon lui, on a longtemps voulu faire passer « entrepreneur » pour un terme venu du monde anglo-saxon, alors qu’il s’agit d’un mot français que les anglophones ont emprunté. Il a ensuite adressé un compliment à son auditoire : ce que les entrepreneurs ont fait entrer dans le paysage national en dix ans, c’est, a-t-il assuré, le goût du risque et celui de l’avenir.

Investir, un pari sur demain

Au centre de l’intervention, une défense de l’investissement. Emmanuel Macron a répété que « ce n’est pas un gros mot » et l’a défini comme une manière de croire davantage en demain qu’en aujourd’hui. Cette idée structure tout le propos : pour lui, miser des capitaux, du temps ou de l’énergie sur un projet est avant tout un acte de confiance.

Il a aussi mis en garde contre le pessimisme. Que des responsables politiques ou économiques, des dirigeants de grands groupes, de start-up ou d’entreprises de taille intermédiaire se laissent gagner par le doute, et ils auraient, d’après lui, déjà perdu la partie. Il a donc invité l’assistance à ne pas céder au défaitisme.

Un bilan défendu depuis 2017

Le président a longuement revendiqué les résultats de sa politique économique et sociale conduite depuis 2017. Les sources rapportent plusieurs de ses affirmations, qui restent des déclarations de l’intéressé et non des données vérifiées par les rédactions :

  • un système énergétique solide et parmi les plus faiblement carbonés du continent ;
  • plus de deux millions et demi d’emplois recréés ;
  • un pays champion de la création de start-up ;
  • un territoire où s’installent des centres de données.

Les articles ne fournissent pas de chiffres indépendants pour confirmer ces points. Le lecteur doit donc les prendre comme l’argumentaire d’un chef de l’État qui dresse son propre bilan, dans une salle favorable, à quelques mois de la fin de son mandat.

Des faiblesses admises, un contexte moins optimiste

Le discours n’a pas ignoré les points fragiles. Emmanuel Macron a reconnu des faiblesses françaises, en citant les finances publiques et un modèle social dont le financement n’est pas suffisant. Il a toutefois refusé d’en tirer une conclusion fataliste : selon lui, il faut se battre et repartir avec de l’énergie. Il a admis que la France n’avait pas remporté toutes les batailles, tout en estimant qu’il fallait continuer à convaincre et à moderniser le pays.

Sur le plan international, il a évoqué le retour des crises en Europe pour dire qu’il est difficile de décrire le monde actuel comme enthousiasmant. Il a enfin soutenu que le vieillissement d’une population peut aussi représenter une chance, un propos tenu un an après la suspension de la réforme des retraites, rappellent les sources.

Les comptes rendus soulignent un silence : le président n’a fait aucune allusion à la mobilisation des lycéens, qui a donné lieu à de nouvelles manifestations ce jeudi et à un appel à une journée d’action le mardi 13 octobre.

Ce que cela dit du moment pour les créateurs d’entreprise

Pour les porteurs de projet, ce type de prise de parole fixe surtout un climat plus qu’il ne change les règles. L’insistance sur le risque et sur l’investissement s’adresse à un écosystème où les levées de fonds, les prêts et l’appui des structures publiques pèsent sur la réussite d’un lancement. Aucune annonce concrète de mesure n’apparaît dans les trois comptes rendus consultés : il s’agit d’un message politique et symbolique, formulé par un président en fin de mandat, et non d’un nouveau dispositif.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Jorge Jaramillo. Licence : CC BY-SA 4.0.

Laurent Villard

Management, carrière, formation et entreprise

Laurent Villard

Laurent Villard a passé vingt ans dans des directions d'entreprises industrielles et de services, d'abord comme chef de projet, puis comme directeur de site. Il écrit pour Cadres-Dirigeants sur le leadership, le management d'équipe et la gouvernance, en privilégiant les situations vécues aux théories. Il court le dimanche matin le long de la Saône et cuisine un risotto qu'il dit raté une fois sur deux.