Au 1er janvier, le Smic augmente de 1%, un coup de pouce est-il possible ?
Face aux syndicats, le ministre du Travail laisse la question du Smic ouverte. Une revalorisation automatique de 1 % doit déjà entrer en vigueur au 1er janvier.
En bref
- Le ministre du Travail ne ferme pas la porte à un geste supplémentaire sur le salaire minimum.
- Il reconnaît cependant qu’à ce stade il n’a pas de conviction sur le sujet.
- Une hausse automatique liée à l’inflation est déjà prévue au 1er janvier.
- Les syndicats réclament le coup de pouce, les organisations patronales le redoutent.
Invité de France Inter le jeudi 29 octobre, le ministre du Travail et des Solidarités a été interrogé sur la revalorisation du salaire minimum que demandent les syndicats. Sa réponse tient en une formule : un coup de pouce « n’est pas un tabou ».
Une ouverture que le ministre ne transforme pas en engagement
Jean-Pierre Farandou est revenu sur cette demande syndicale sans la repousser. Selon franceinfo, c’est cette expression qui résume sa position sur la perspective d’un geste supplémentaire en faveur du Smic.
« n’est pas un tabou »
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, sur France Inter
L’ouverture s’accompagne néanmoins d’une réserve. Le ministre reconnaît qu’« à ce stade » il « n’a pas de conviction » sur la question. Il n’écarte donc pas l’idée d’un coup de pouce, mais ne se déclare pas non plus favorable à ce moment de la discussion.
Cette double indication situe son propos : aucune porte n’est fermée, et son opinion n’est pas arrêtée. Aucune décision du gouvernement n’est annoncée, et aucun montant n’est évoqué pour un éventuel geste.
La hausse de janvier est déjà inscrite
Le débat s’engage alors que le Smic doit déjà progresser. Au 1er janvier, il augmentera mécaniquement, selon une inflation de 1 %. Cette revalorisation automatique ne dépend pas de la discussion en cours : le coup de pouce désignerait un relèvement supplémentaire, venant s’ajouter à ce mécanisme.
C’est précisément ce supplément que réclament les syndicats. Les organisations patronales, elles, le redoutent. Les deux camps défendent ainsi des positions opposées au moment où le ministre prend la parole, et c’est entre ces deux attentes que se place sa formule d’ouverture, sans conviction affichée.
Pour les salariés rémunérés au salaire minimum comme pour leurs employeurs, la question porte donc sur un écart précis : celui qui sépare l’effet de la hausse de janvier de ce qu’un coup de pouce pourrait y ajouter. Dans le compte rendu de franceinfo, ni les syndicats ni le patronat n’ont reçu de réponse définitive du ministre.
Les salaires, sujet déjà présent dans l’actualité sociale
La question salariale ne se limite pas au Smic dans l’actualité d’octobre. La CGT a ainsi bloqué trois sites de TotalEnergies pour obtenir des hausses de salaires, un mouvement relaté dans le blocage de trois sites TotalEnergies. Dans ce conflit, le syndicat avait fait de l’emploi et des rémunérations le cœur de son mot d’ordre de grève de 24 heures.
Le ministre, lui, s’exprimait sur un autre terrain, celui du salaire minimum légal, que fixe la revalorisation de janvier. Son invitation sur la radio publique a permis de connaître sa position du moment : une porte entrouverte, une conviction encore absente.
Le pouvoir d’achat des salariés nourrit aussi les débats qui précèdent la présidentielle de 2027. Le jeudi 8 octobre, sur France 2, Édouard Philippe, candidat Horizons, a défendu l’idée de faire travailler les salariés davantage pour relever leurs revenus, comme le détaille la proposition d’Édouard Philippe. Son schéma associe deux heures de travail supplémentaires chaque semaine à un gain annuel de 1 000 euros.
Cette piste agit sur la durée du travail, alors que les syndicats qui s’adressent au gouvernement sur le Smic demandent un relèvement du salaire minimum lui-même. Les deux discussions portent sur la rémunération des salariés, mais elles reposent sur des leviers distincts.
Le compte rendu de l’entretien avec le ministre a été mis en ligne par franceinfo dès le 29 octobre 2026, le matin même de son passage sur l’antenne de France Inter.
Photo : Marc Schulte / Pexels